Le Docteur Arjen F. Nikkels
Dermatologue au Centre Hospitalier Universitaire (CHU)

Les personnes âgées de 45 ans et plus sont les plus touchées. La tumeur se développe particulièrement sur les zones de la peau qui sont les plus exposées à la lumière ou à d’autres sources de rayons ultraviolets, telles que le visage.

Le carcinome basocellulaire est décrit comme une tumeur « à malignité locale ». L’une de ses particularités est qu’il ne donne qu’exceptionnellement naissance à des métastases. C’est ainsi que son taux de mortalité est l’un des plus faibles. Plus de 98 % de patients en sont guéris. Il n’empêche. Comme pour chaque type de cancer, cette pathologie nécessite une prise en charge appropriée, faute de quoi les lésions développées en surface peuvent s’étendre et toucher les tissus situés sous la peau. Conséquences : le traitement devient beaucoup plus lourd et dès lors plus difficile à tolérer par le patient et ses chances de guérir s’amenuisent.

Le Docteur Arjen F. Nikkels est dermatologue au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Liège et Professeur à l’Université de Liège.

Comment s’effectue le diagnostic ?

Le diagnostic s’établit sur base d’un examen clinique. Les dermatologues savent bien reconnaître les formes habituelles et les formes inhabituelles de la tumeur. En cas d’hésitations, nous faisons une biopsie cutanée qui consiste en un petit prélèvement de la peau que l’on envoie au laboratoire « anatomopathologique » qui permet d’établir de façon définitive le diagnostic de cancer. Mais j’insiste sur le fait qu’il faut que le patient vienne en consultation rapidement face à une lésion de la peau qui saigne ou lorsqu’il remarque une lésion qui s’agrandit progressivement sur quelques mois. Lorsque la pathologie est détectée de façon précoce, les traitements sont relativement simples et efficaces.

Quelles sont les causes à l’origine de cette tumeur ?

Une exposition solaire répétée est le principal facteur favorisant ce type de cancer. L’accumulation des dégâts génétiques provoqués par l’exposition solaire reste vraiment la cause la plus importante.

Quels sont les traitements préconisés ?

Ce cancer peut être traité de différentes manières. Le traitement dépend de toute une série de facteurs : l’âge du patient, le type de tumeur basocellulaire développé, mais aussi de sa taille. Le carcinome basocellulaire nodulaire est la forme la plus répandue avec 60 à 65 % des cas. Le plus souvent, l’excision chirurgicale est procédée pour cette variété pathologique. Ensuite figurent des carcinomes basocellulaires superficiels qui se limitent au niveau de la surface de la peau. Il existe dans ce cas des traitements pour soigner des zones entières de la peau affectées par la tumeur.

Mais l’arsenal thérapeutique moderne s’est enrichi d’un nouveau traitement…

Oui. Face à des lésions très agressives, il existe un nouveau médicament administré par voie orale. C’est un traitement qui va stopper la progression de la tumeur et conduire à sa régression. Ce traitement est utilisé chez des patients dont un traitement chirurgical n’est plus approprié, et dont les autres options thérapeutiques, comme une radiothérapie ne conviennent plus. Il y a des conditions préalables pour pouvoir prescrire ce médicament au patient. C’est une décision qui doit être discutée au cours d’une concertation oncologique multidisciplinaire avec des dermatologues, des oncologues, des pathologistes, des chirurgiens et des radiothérapeutes. Le patient sera évidemment préalablement informé des possibles effets secondaires.

Peut-on prévenir ce type de cancer ?

La meilleure prévention est un comportement raisonnable au soleil. Il ne faut pas tomber dans les excès. Une protection solaire vestimentaire et par écrans solaires est très importante. Ce sont finalement les excès qui sont dangereux dans le processus de formation du cancer.