Quels sont les progrès récents en matière d’immunothérapie ?
 

Ahmad Awada : « Une compréhension des interactions entre cellules tumorales et système immunologique a permis de développer des médicaments qui libèrent l’action des lymphocytes. À sa surface, la cellule tumorale a une protéine (PD-L1) qui bloque le récepteur du lymphocyte (PD-1). L’organisme tolère donc la cellule tumorale. Le médicament – des anticorps monoclonaux – bloque ce lien entre tumeur et lymphocyte, qui peut éliminer la cellule tumorale. »

 

Quelles sont les avancées récentes ?
 

A. A. : « Il y a des avancées thérapeutiques majeures dans différentes tumeurs solides : cancer de la peau, du rein, de la vessie, du poumon, les tumeurs de la tête et du cou, et le lymphome de Hodgkin. Nous n’en sommes qu’au début. Après PD-1 et PD-L1, d’autres interactions ont été découvertes. On peut espérer plus d’efficacité en combinant différents médicaments qui visent des cibles distinctes. Par le passé, on considérait qu’il ne fallait jamais combiner chimiothérapie, qui déprime l’immunité, et immunothérapie. Or, dans certaines situations comme le cancer du poumon, le résultat de la combinaison semble supérieur à celui de chaque solution prise séparément. »

 

Y a-t-il des limites à l’efficacité de l’immunothérapie ?
 

A. A. : « Ces médicaments sont actuellement surtout efficaces en situation métastatique, mais on étudie leur effet sur de micrométastases, ce qui pourrait permettre de guérir beaucoup plus de patients. En termes d’effets secondaires, quand on stimule le système immunitaire, il attaque parfois des organes normaux. Donc, on pourrait s’attendre à de l’inflammation au niveau des organes sains comme la thyroïde, les poumons ou le foie. »