En quoi consiste votre clinique et qu’apporte-t-elle dans la prise en charge de la patiente ?
 

Hilde Vernaeve : « La Clinique du sein a introduit il y a une dizaine d’années une nouvelle vision de la prise en charge dans le domaine oncologique. Ici, plusieurs services sont combinés sur un même plateau où les divers professionnels travaillent en étroite collaboration. Mammographies, consultations avec le chirurgien, l’oncologue ou le radiologue, rendez-vous chez la psychologue : l’objectif est de créer un cocon pour la patiente, où elle se sent accueillie dans un environnement sécurisé et familial. »

 

Comment se déroule cet accompagnement et en quoi a-t-il évolué ?
 

H. V. : « Autrefois, une fois le traitement officiel du cancer terminé, la patiente se retrouvait seule face à sa revalidation et réinsertion socioprofessionnelle. Notre clinique vise avant tout à accompagner chaque femme et son entourage proche, non seulement pendant son traitement mais aussi après, avec des soins médicaux et paramédicaux adaptés à ses besoins. La patiente peut bénéficier d’une chirurgie sous hypnose, peut notamment se rendre à des séances d’art-thérapie, de sophrologie, d’acupuncture, etc. Des sessions d’information sur l’hormonothérapie sont également organisées pour expliquer l’importance du traitement et comment palier aux effets secondaires de celui-ci. Nous proposons également un programme d’onco-revalidation. »

 

Quel est le rôle de l’infirmière de coordination ?
 

H. V. : « L’infirmière de coordination fait office de fil rouge entre tous les spécialistes. À l’écoute de la patiente, elle est toujours disponible pour répondre à ses questions et la diriger vers le bon intervenant. »

 

Quel est l’intérêt de la coopération entre les différentes disciplines dans cette prise en charge ?
 

H. V. : « L’intérêt de travailler sur un seul et même plateau est que l’on entretient une communication directe entre professionnels. Cette coopération est possible grâce à la construction d’une vision commune focalisée sur l’état de santé et le bien-être de la patiente. Chaque semaine, tous les spécialistes ainsi que l’assistante sociale, la diététicienne, la psychologue et l’infirmière se retrouvent lors d’une réunion multidisciplinaire oncologique pendant laquelle ils passent en revue les cas des différentes patientes et prennent ensemble les décisions concernant leur prise en charge. Nous avons développé un système de vidéo-conférence, unique dans les hôpitaux à Bruxelles, permettant d’inclure le médecin traitant dans cette réunion. »

 

Où en est le dépistage du cancer du sein ?
 

H. V. : « Le dépistage a évolué ces dernières années, les femmes semblent y être plus sensibilisées, mais nous avons encore du travail, principalement à Bruxelles parce que les femmes invitées au screening ne donnent pas suffisamment suite à l’invitation. Les femmes âgées de 50 à 69 ans sont encore trop peu nombreuses à procéder au mammotest qui leur est pourtant fortement recommandé dans cette tranche d’âge. »

 

Quelles sont les dernières innovations en matière de traitement ?
 

Sophie Cvilic : « Notre clinique a adopté récemment une nouvelle technologie, le système SDX®, initiée pour la première fois en Belgique et basée sur l’apnée volontaire du patient. Particulièrement adaptée au cancer du sein gauche, elle consiste à irradier la tumeur lorsque la patiente est en apnée. De cette manière, son cœur est en retrait et ne subit pas l’irradiation, pouvant être responsable de problèmes cardiaques par la suite. Si l’apnée était déjà utilisée dans d’autres centres, la particularité de ce système est qu’elle est ici contrôlée par un ordinateur. Via des données transférées sur des lunettes vidéo et écrans, le patient et les soignants savent si l’apnée est correctement retenue et l’irradiation peut alors avoir lieu en toute sécurité. »