Comme beaucoup de malades, vous aviez une vie bien remplie avant que la maladie vous frappe…

Walter Baseggio : « En effet ! D’ailleurs c’est toujours le cas maintenant ! J’ai joué la plupart de mes années de carrière en tant que footballeur dans l’équipe d’Anderlecht. Pendant plus de 12 ans, j’ai joué avec cette équipe formidable. J’ai également rejoint les équipes de Tubize et Mouscron en passant par l’Italie avec l’équipe du FC Trévise avec lesquelles j’ai fait un petit bout de chemin. Et surtout, pendant 6 ou 7 années, j’ai porté la vareuse de l’équipe nationale ! Maintenant, quelques années plus tard, je collabore avec le groupe RTL Sport comme spécialiste. Si j’étais frileux au début, je me suis rapidement pris au jeu et à présent je commente des matchs de League des Champions, de coupe de Belgique, de championnat italien ou encore de la Croky cup en radio et en télévision. C’est génial, car le fait d’être un ancien footballeur me permet de voir des choses que le public ne voit pas. Et puis l’équipe est formidable ! J’ai également démarré la vente d’une ligne de vêtements avec un ami, nous allons bientôt lancer la deuxième collection. »

Comment le cancer a-t-il affecté votre vie ?

W. B. : « Mon cancer de la thyroïde a été diagnostiqué à la fin de l’année 2009. C’était un coup dur pour moi, car cela m’a empêché d’être transféré dans une équipe à l’étranger, sans parler du fait que j’avais des problèmes financiers. Je voulais encore jouer au minimum 3 ou 4 ans, mais cela n’a malheureusement pas été possible. C’est lors d’un contrôle médical de routine chez le médecin qu’on a senti un nodule gonflé au niveau de mon coup. Je me dis que j’ai été chanceux d’être footballeur, car j’étais suivi de près par un médecin. Sans cela, mon cancer aurait peut-être été diagnostiqué trop tard. La maladie a beaucoup affecté ma famille. J’étais le père d’une petite fille de 3 ans et demi et ma femme a eu très peur que je les quitte. »

Comment l’avez-vous combattu ?

W. B. : « J’ai été beaucoup aidé par ma famille, leur présence était plus que nécessaire pour traverser cette épreuve. Il faut dire aussi que j’ai pris cela comme un challenge. Vu que je suis un ancien footballeur, j’ai eu l’habitude pendant plusieurs années de subir la pression des matchs à venir, de subir des défaites et des victoires… J’ai tendance à me dire que si on subit une défaite, cela ne veut pas dire qu’on est un mauvais joueur. C’est également la même chose pour le cancer, il ne faut pas baisser les bras. D’ailleurs, je me suis efforcé de rester cool et de croire en moi pour ne pas sombrer dans la peur. De plus, j’ai eu de la chance dans mon malheur, car le cancer de la thyroïde est particulier. Le traitement se fait essentiellement à la maison. S’il était particulièrement difficile à supporter, mes proches ont pu m’encadrer et me soutenir et ça, c’est une vraie chance. »

Pensez-vous encore souvent à cette période de votre vie ?

W. B. : « Pas du tout ! Je suis entré en rémission en 2014 après plusieurs années de rechutes et depuis j’oublie presque que j’ai été malade. Bien sûr, je fais les tests de dépistages obligatoires, mais cette période difficile est maintenant derrière moi. Par contre, j’essaie de participer un maximum aux actions de sensibilisation au cancer. L’année passée, j’ai participé au Télévie, cette année nous allons faire 25 heures de vélo avec RTL à Enghien, je participe aussi à des matchs de gala en faveur des malades. En tant qu’ancien joueur, le minimum que je puisse faire est d’aider les gens qui m’ont soutenu pendant autant d’années ! »

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