« Le taux de survie relative des patients cinq ans après la découverte de leur cancer était de 50  % dans les années  1970 ; il est aujourd’hui de 70 %, tous cancers confondus », se félicite le Dr. Didier Vander Steichel, Directeur médical et scientifique de la Fondation contre le Cancer.

Parallèlement à cette diminution de la mortalité et à l’augmentation des chances de survie et de guérison, la qualité de vie s’est également considérablement améliorée : les effets indésirables des traitements cancérologiques sont plus limités ou mieux corrigés qu’autrefois.

Ces progrès ont été acquis l’ont été grâce aux efforts de recherche étalés sur de nombreuses années et qui ont permis de mieux comprendre et identifier les mécanismes du cancer. Ceci constitue la base de toute avancée dans le traitement des patients.

Amélioration de la prise en charge

Des progrès techniques et organisationnels contribuent aussi à la qualité de la prise en charge des malades. L’imagerie médicale, par exemple, permet de poser un diagnostic beaucoup plus précis, voire même de prédire le résultat du traitement. Par ailleurs, la promotion de la multidisciplinarité a joué un rôle non négligeable : la prise en charge du patient par des équipes multidisciplinaires accroît indéniablement l’efficacité du traitement.

Paradoxalement, les cancers les plus fréquents (-du sein, du gros intestin et du poumon chez la femme ; de la prostate, du poumon et du gros intestin chez l’homme)- sont globalement en augmentation.  Le vieillissement de la population (particulièrement pour la prostate) peut l’expliquer, ou encore la combinaison de la sédentarité, de l’obésité et d’une alimentation déséquilibrée, dans le cas du gros intestin. Pour les cancers du poumon, la prévention limite les dégâts chez l’homme, où une stabilisation des cas est constatée, mais pas chez les femmes : celles-ci, historiquement, ont commencé à fumer plus tard que les hommes, d’où un nombre important de cancers qui se déclenchent après plusieurs décennies de tabagisme.

Importance de la prévision

Certes, les cancers peuvent aussi être causés par des facteurs de risques tels que des mutations spontanées dans les cellules, par le vieillissement individuel ou, plus rarement, par des prédispositions génétiques.

La prévention générale reste donc cruciale. Les priorités d’action concernent le tabagisme, la surcharge pondérale, les ultraviolets naturels et artificiels (il est désormais démontré que les bancs solaires sont cancérigènes), ainsi que la consommation excessive d’alcool.,

Deux défis majeurs

Encore convient-il non seulement de savoir quelle action entreprendre, mais aussi et surtout de la mettre en pratique ! Deux défis se présentent pour l’avenir. Le premier est d’ordre financier : la biologie moléculaire est d’une rare complexité. La recherche devient de plus en plus coûteuse alors que les financements publics ont tendance à se réduire, ce qui place une hypothèque sur la qualité de la recherche cancérologique en Belgique. Le second défi est de s’assurer que les résultats de la recherche, de plus en plus précis et individualisés, restent payables. Une sécurité sociale performante est donc indispensable pour poursuivre efficacement la lutte contre la maladie.