Dans quelles circonstances avez-vous appris l’existence de votre maladie ?

Eric Abidal - J’étais en pleine forme, je n’avais apparemment pas de soucis de santé. Cependant, lors d’un check-up de routine au sein de mon club de l’époque, des images de mon foie ont attiré l’attention du médecin et donné lieu à des examens approfondis. Il s’est avéré que c’était une tumeur au foie. Deux jours plus tard, le médecin a procédé à une ablation d’une partie du foie.

De quel soutien psychologique avez-vous bénéficié ?

E.A. - Le soutien de ma famille m’a beaucoup aidé. Mais j’ai aussi tout fait pour adopter une attitude positive et ne rien laisser transparaître. C’était moi le malade, mais c’était moi qui réconfortais les personnes autour de moi. Mes parents ont bien vécu l’épreuve, en gardant leur bonne humeur. J’ai aussi bénéficié de la force de ma femme, qui était avec moi au quotidien, et de celle que m’envoyaient mes trois filles.

Malgré la maladie, vous avez décidé de continuer votre carrière de footballeur…

E.A. - Le football m’a permis d’oublier la maladie. J’ai décidé de vivre au jour le jour, en veillant à garder la forme. Au départ, le retour fut difficile en raison d’une incision en forme de banane sur toute la moitié de l’abdomen… La récupération a duré deux mois et demi. Après cela, avec mon équipe de Barcelone, j’ai réussi à jouer la finale de la Champions League. Malgré la maladie, il y a toujours de l’espoir !

Le soutien de ma famille m’a beaucoup aidé. Mais j’ai aussi tout fait pour adopter une attitude positive et ne rien laisser transparaître.

En décembre dernier, vous avez décidé d’arrêter votre carrière. En raison de la maladie ?

Non, pas du tout ! En 2012, j’ai bien subi une greffe du foie en raison d’un risque de récidive de la maladie. Mais aujourd’hui, je suis en forme ; je n’ai plus de problèmes physiques ou médicaux. Mon choix d’arrêter est purement mental : un sportif professionnel doit pouvoir sentir à quel moment il doit arrêter. Si vous n’avez plus la rage de vaincre, c’est un signe.

Comment envisagez-vous votre avenir ?

Je veux tout d’abord me consacrer à la fondation que je viens tout juste de créer en Espagne et qui porte mon nom. Cette fondation à vocation internationale remplira plusieurs objectifs : aider les hôpitaux et la recherche ; soutenir les enfants atteints du cancer ; accompagner les familles par un soutien psychologique. Sur le plan sportif, j’ai reçu des offres, mais je ne suis pas pressé.