Aujourd’hui, Maria et Emeline sont toujours copines. Une belle histoire.

Emeline, tu viens de souffler tes 14 bougies, comment vas-tu ?

« Je vais très très bien, je suis épanouie ! Et j’ai plein plein de copines ! »

Raconte-nous ton parcours. Comment a-t-on découvert ta maladie ?

« Toute petite, j’étais une vraie pile électrique, vive, active, dynamique. J’aimais beaucoup bouger. Puis à cinq ans, j’ai commencé à aller de moins en moins bien. J’étais de plus en plus fatiguée et souvent malade. J’avais des choses qui ne se soignaient pas, qui ne se déclaraient pas vraiment, de la fièvre, une gastro, etc. Je recommençais à faire des siestes, ce qui n’était pas normal à cinq ans. Suite à une prise de sang, on a découvert que j’étais atteinte d’une leucémie. Je ne comprenais pas ce que cela voulait dire, ni ce qui m’arrivait. À cinq ans, je n’avais jamais entendu parler de cette maladie. On me l’a expliqué avec des mots simples, mais ce n’était pas évident. J’ai été hospitalisée à l’Hôpital de la Citadelle à Liège en février 2006. La première hospitalisation a duré quatre semaines et demie. Puis, j’ai reçu un traitement de chimiothérapie très intensif. Cela a été très dur de perdre mes cheveux. Puis, j’ai encore passé un an et demi à la maison en prenant des gélules de chimio d’entretien et, en plus, toutes les dix semaines, j’étais hospitalisée une semaine pour une cure supplémentaire. Entre-temps, j’ai pu reprendre une vie normale et retourner à l’école en 3e maternelle en novembre 2006. Les enfants posaient beaucoup de questions. Ils étaient impressionnés de me voir sans cheveux. Ils me fuyaient. C’était très dur.»

As-tu fait une rechute ?

« Oui, à 8 ans et demi en juillet 2009. Il y a eu dix-sept mois entre l’arrêt du premier traitement et la récidive. Une rechute, c’est vraiment terrible. Là, j’ai eu deux ans et demi de traitement, six mois à l’hôpital et encore deux ans de traitement par gélules à la maison. À cette époque, mon moral n’était pas bon. J’avais peur de faire à nouveau une autre rechute, de recevoir une greffe. J’avais beaucoup d’angoisse. Mais mes copines étaient cette fois présentes pour me soutenir. Quand j’ai eu 13 ans, l’an passé, on m’a enlevé mon patch car je portais un cathéter. Tout au long de cette deuxième rechute, je me suis retrouvée très entourée. Mon petit frère Louis s’est montré très gentil avec moi. Cela m’a fait beaucoup de bien.»

Comment as-tu connu Maria Del Rio ?

« Nous participions au souper du comité Télévie d’Anthisnes. Les organisateurs m’ont présentée aux journalistes. C’est ainsi que j’ai participé à la grande soirée du Télévie en 2011 et, sur le plateau, Maria était là. Comme à l’époque elle avait les cheveux longs, je l’appelais Pocahontas ! Elle est revenue me voir à la maison et à l’hôpital pendant ma rechute. Quand elle était là, cela me remontait le moral. »

Vous voyez-vous toujours ?

« Oui, je l’ai vue dernièrement, j’ai été la voir à ‘La Revue des Galeries’ dans laquelle elle jouait. Maria, c’est ma super-copine ! C’est une personne vraie, authentique, humaine. Une belle personne. Elle ne va pas jouer la comédie de la fille généreuse devant les caméras. Une fois les caméras coupées, elle reste la même. Nous avons gardé le contact et nous nous voyons régulièrement. Entre Maria et moi, c’est déjà une vieille histoire. »

Maria, comment est née votre amitié avec Emeline ?

« Quand j’ai rencontré Emeline, j’ai eu un coup de foudre énorme pour cette petite fille qui une battante avec une forte personnalité ! J’ai une admiration hors norme pour elle. C’est un soleil. Quand je l’ai rencontrée, dans un moment qui était loin d’être évident, de mon côté je venais d’apprendre que j’étais enceinte. Un coup de foudre de part et d’autre. Un lien très fort s’est créé, une sorte d’affection particulière. Par la suite, nous nous sommes revues. Parfois, avec RTL, on lui faisait la surprise de débarquer. Mais les choses principales entre nous, se passent en privé. C’est une petite fille à laquelle je tiens très fort. Je me suis liée aussi avec ses parents, deux personnes exceptionnelles. Depuis, on ne s’est plus lâchées. Maintenant qu’elle a un portable, on prend de nos nouvelles. Pour son anniversaire, avec ses parents, on lui a fait la surprise de l’emmener voir le spectacle dans lequel je jouais. Nous prévoyons de manger un petit bout ensemble en famille. Ce sera l’occasion de faire se rencontrer son petit frère Louis et mon fils. Certains êtres dégagent une aura, une puissance solaire. Emeline en fait partie. »