Explications par le docteur Didier Vander Steichel, directeur médical et scientifique de la Fondation contre le Cancer.
 

350 000 personnes ont survécu à un cancer au cours des 10 dernières années en Belgique, d’après les estimations du Registre du cancer. Aujourd’hui, environ 1 Belge sur 30 a surmonté la maladie ou vit toujours avec un cancer. En quelques décennies, les progrès en termes de guérison et de survie ont été spectaculaires, comme le montrent les chiffres américains du National Cancer Institute. 35 % des personnes atteintes d’un cancer en 1975 étaient toujours en vie 10 ans plus tard. Aujourd’hui, tous cancers confondus, ce pourcentage a pratiquement doublé ! Ces chiffres montrent le chemin parcouru grâce aux résultats de la recherche scientifique. Les chercheurs belges, reconnus pour leur qualité, y contribuent. Première priorité : continuer à investir dans une recherche innovante, de haut niveau, qui est et demeure le moteur du progrès.

 

Faire mieux avec ce qui existe
 

La Belgique est riche en soignants et en structures de soins de grande qualité. Reste à utiliser, à structurer au mieux cette richesse pour offrir à chaque malade les meilleurs traitements, le meilleur accompagnement et la meilleure qualité de vie possibles. Vouloir tout soigner partout n’est pas compatible avec cette exigence qualitative, dans le contexte technique, multidisciplinaire et rapidement évolutif de la cancérologie. Faire encore mieux avec ce qui existe déjà suppose une organisation des soins axée sur des centres de référence, travaillant en réseau avec des hôpitaux périphériques, établissant une collaboration optimale avec les soignants à domicile. Si la qualité maximale est vraiment l’objectif à atteindre, il faut poursuivre dans cette voie. Priorité numéro 2 : une politique de la santé intégrée qui n’ait pas peur de bousculer des habitudes ou des intérêts particuliers, chaque fois que nécessaire…

 

Se regarder dans un miroir…
 

Enfin, si chacun et chacune d’entre nous prenait sa santé en main ? Notre mode de vie est le principal levier pour diminuer sensiblement notre risque individuel de cancer. Ne pas fumer ou arrêter de fumer, éviter les kilos superflus, limiter fortement sa consommation d’alcool, bouger, manger varié et équilibré, limiter son exposition aux ultraviolets, effectuer les vaccins préventifs, participer aux programmes de dépistage… Autant de choix individuels qui peuvent faire une énorme différence. Nous le savons. Alors, la priorité numéro 3 devrait être, pour chacun de nous, de passer du savoir aux actes !