Cela fait déjà vingt ans que Luc Nijs, suite à un cancer, a dû se résoudre à porter une stomie. Une contrainte qui a évidemment changé son quotidien, mais qui n’a pas freiné son optimisme. La preuve : à 62 ans, un long périple de 900 km l’a mené à pied des Pyrénées jusqu’à Saint-Jacques : « Le voyage a duré six semaines, de la mi-août jusqu’à la fin septembre 2011, explique Luc. L’envie m’est venue l’an dernier, lors d’un pèlerinage plus court effectué avec mon épouse et un groupe. J’ai voulu prouver que malgré ma stomie, une telle marche était possible en solitaire. »

Bien informer mes proches

Mais une si longue randonnée ne s’improvise pas. C’est pourquoi Luc a soigneusement préparé son voyage : « Un entraînement régulier était indispensable. J’ai donc accompli plusieurs marches assez longues et je me suis largement documenté sur le parcours que j’allais emprunter. Mais avant tout, j’ai surtout pris soin de bien informer mes proches sur mon choix, car ce n’est pas simple de laisser derrière soi sa famille pendant un mois et demi. »

L’équipement

D’autres détails ne devaient pas être négligés : « Il convenait de m’alléger au maximum, d’autant plus que je devais emporter un appareillage avec moi en plus de l’équipement traditionnel du randonneur. J’ai donc expédié par la poste une moitié de mon chargement dans une agence postale à mi-chemin de mon trajet. »

Pour autant, porter une stomie nécessite quelques aménagements : « Tous les trois jours il était nécessaire que je puisse me loger seul dans un hôtel offrant les commodités suffisantes pour procéder à mon hygiène intime, plutôt que de me retrouver avec d’autres pèlerins dans des auberges ou des refuges aux dortoirs et  sanitaires communs. Ça a rendu mon voyage un peu plus onéreux mais un peu de confort de temps en temps ne fait pas de mal ! »

Savourer pleinement

Au final, le but de Luc a été atteint : « Je voulais démontrer qu’on peut mener une vie parfaitement normale avec une stomie, ce qui peut constituer une bonne motivation pour d’autres personnes. Et les souvenirs que j’ai rapportés de mon voyage resteront gravés dans ma mémoire : les rencontres enrichissantes avec les pèlerins d’origines diverses, les paysages magnifiques traversés et le temps passé à savourer pleinement chaque étape. »