Il répond à un besoin de coordination en matière de prévention, de dépistage, de diagnostic et de traitements. Nous avons demandé à Maggie De Block, la ministre fédérale de la Santé, de faire le point sur la question.

En quoi consiste le Plan national Cancer ?

Le Plan national Cancer a été lancé en 2008. Il comprend environ septante mesures de lutte contre le cancer. Ces mesures sont ciblées sur la prévention du cancer, une meilleure prise en charge du patient et le soutien de la recherche scientifique contre le cancer. Ces mesures font structurellement partie de la politique de santé actuelle et ne sont pas remises en question. À l’avenir, je verrais plutôt ces mesures dans le cadre d’un plan de soins intégrés et chroniques.

Sur quoi porte en particulier votre attention ?

Pour le moment, nous nous focalisons entre autres sur la réintégration socioprofessionnelle. Autrement dit, comment pouvons-nous garantir aux patients atteints d’un cancer qu’ils pourront de nouveau travailler après leur guérison ? Concrètement, je pense par exemple à une information transparente sur la reprise du travail et à un trajet d’accompagnement flexible vers le travail pour le patient concerné. Les autres thématiques importantes sont, d’une part, le don de cellules souches et de sang de cordon et, d’autre part, la médecine personnalisée avec des traitements très avancés et novateurs.

Dans la lutte contre le cancer, quelles sont la situation actuelle et les avancées prévues ?

 En 2012, 70 992 Belges ont appris qu’ls étaient atteints d’un cancer et nous savons que le nombre augmente. Néanmoins, les chances de survie augmentent aussi sensiblement. Si nous comparons la période 1999-2003 et la période 2004-2008, nous constatons que les chances de survie chez les hommes sont passées de 55 à 61 %. Chez les femmes, cette probabilité est passée de 65 à 68 %. Ces progrès résultent d’une amélioration de la prévention et des thérapies. Je peux difficilement estimer dans quel sens et à quel rythme cette tendance va évoluer. Cette évolution dépend de nombreux facteurs : la participation du citoyen aux enquêtes sur la population, l’évolution de la technologie médicale et des thérapies et notre environnement de vie.

Quels résultats ont été engrangés ces dernières années en termes de prévention et de dépistage ?

Depuis la 6e réforme de l’État, les Communautés détiennent toutes les compétences de la politique de prévention. En tant qu’autorité fédérale, nous prenons également nos responsabilités. L’INAMI joue un rôle important dans les programmes de vaccination et de dépistage. Plusieurs services fédéraux comme l’Institut scientifique de Santé publique et le Centre fédéral d’expertise collaborent avec nous dans le cadre de plusieurs études d’évaluation de la politique de dépistage. Il faut bien sûr se concerter avec les Communautés pour la mise en œuvre.

Quels sont les progrès en termes de traitements ?

Sur le plan thérapeutique, il existe de plus en plus de possibilités, comme la médecine personnalisée et les immunothérapies. Je songe ici à des traitements très spécifiques contre le cancer de la peau, qui sont mis au point dans nos universités et dans lesquels l’autorité fédérale investit des moyens. Cependant, le principal défi en la matière pour les pouvoirs publics dans un avenir proche sera d’assurer le remboursement et le financement de ces thérapies onéreuses.