Qu’est-ce que le myélome multiple ?
 

Nathalie Meuleman : « Le myélome multiple est un cancer qui touche un certain type de globules blancs appelés les plasmocytes, responsables de la fabrication des anticorps. Cette maladie provient de mutations génétiques provoquant un dérèglement de ces globules blancs, qui se démultiplient. Comme ils sont tous identiques, ils ne synthétisent qu’un seul anticorps, toujours le même, qui est un marqueur de l’évolution de la maladie. Les plasmocytes infiltrent souvent plusieurs régions de la moelle osseuse (responsable de la production des cellules sanguines), d’où le nom de myélome multiple. »

 

Quels sont les symptômes ?
 

N. M. : « Les douleurs osseuses constituent dans une majorité des cas le premier symptôme, avec des os fragilisés par des lésions ostéolytiques (trous dans les os) et des risques accrus de fractures. Le myélome multiple peut également provoquer de l’anémie qui donne au malade des sensations de fatigue, des palpitations, essoufflements, etc. Le manque d’anticorps rend le malade plus enclin à attraper des infections à répétition. Certains patients souffrent également de douleurs rénales. »

 

Qu’en est-il du traitement ?
 

N. M. : « À ce jour, nous n’avons pas encore trouvé de traitement capable de guérir complètement du myélome multiple. Les traitements actuels sont différents en fonction du fait d’être candidat à un traitement plus intensif, "l’autogreffe de cellules souches". L’intensification par autogreffe se base sur une chimiothérapie lourde précédée de thérapies ciblées. L’immunothérapie est également en plein développement, avec entre autres l’arrivée des anticorps monoclonaux. L’évolution de la recherche a en tout cas permis de proposer au patient, lors de la rechute, plusieurs options thérapeutiques, lui offrant la possibilité d’analyser avec lui celle qui lui convient le mieux. »

 

Où en est la recherche ?
 

N. M. : « La recherche est extrêmement active dans ce domaine et de nombreuses pistes de traitements sont travaillées actuellement. À la fin des années 90, le taux de survie du myélome multiple était de trois ans à peine. Aujourd’hui, il dépasse les dix ans et va même bien au-delà dans certains cas. La recherche travaille actuellement sur de nouvelles pistes de thérapies ciblées ainsi que d’immunothérapie. La thérapie cellulaire vise notamment à utiliser les cellules CAR-T afin de reprogrammer les globules blancs du patient. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements de ce processus, mais les premiers résultats sont déjà très prometteurs. Au regard de ces avancées, nous pouvons espérer une rémission complète ou en tout cas très prolongée du myélome multiple dans un futur plus ou moins proche. »