Dre Sophie Vandewalle , CHU Tivoli

Qu’est-ce qu’une mammographie et en quoi a-t-elle évolué dernièrement ?

Dre Sophie Vandewalle : « La mammographie est une radiographie du sein qui consiste à comprimer le sein pour obtenir une image en deux dimensions (2D). Sur l’image obtenue, il existe donc une superposition de la glande mammaire.

Mais grâce à la tomosynthèse, la mammographie peut désormais être effectuée en 3D, ce qui offre un examen plus complet et précis. Sur l’image 3D, le sein est “découpé” en petites tranches fines d’un millimètre qui sont séparées, sans superposition. Le médecin peut parcourir l’image 3D et observer le sein sous différents axes, en haut, au milieu, en bas. »

Quels en sont les avantages ?

Dre S.V. : « L’image 3D ou tomosynthèse permet d’observer le sein sans superposition de couches. Le résultat est donc plus clair à analyser, les anomalies y sont plus faciles à dépister, leur forme et leur taille y sont mieux estimées. Certaines “désorganisations architecturales”, qui peuvent représenter des lésions bénignes, mais également des cancers, sont parfois visibles en 3D alors qu’elles ne le seraient pas forcément en 2D. Cette technologie permet donc de détecter des cancers très jeunes. »

En quoi cette technique a-t-elle évolué dernièrement ?

Dre S.V. : « La tomosynthèse existe déjà depuis quelques années, nous l’utilisons au CHU Tivoli depuis 2007, mais elle a connu une forte avancée récemment avec l’arrivée du système C-View. Cette innovation technologique permet de recréer une image 2D à partir de l’image 3D. Plutôt que de réaliser deux examens, la patiente peut donc effectuer uniquement la tomosynthèse et le logiciel C-View recréera la mammographie traditionnelle à partir du résultat 3D.

Il s’agit d’une avancée considérable, car la patiente subit deux fois moins d’irradiation. La tomosynthèse était réservée aux cas à risque, mais grâce au C-View, ce n’est plus le cas : elle peut devenir un examen de routine. »

La mammographie 3D est-elle donc devenue un réflexe pour les professionnels partout en Belgique ?

Dre S.V. : « Malheureusement, ce n’est pas encore le cas, mais j’espère qu’elle le deviendra. Idéalement, il faudrait que la tomosynthèse soit intégrée dans le dépistage organisé et qu’elle remplace petit à petit la mammographie traditionnelle. »