Quelle est la fréquence du cancer colorectal aujourd’hui ?
 

Edouard Louis : « Il y a 80 nouveaux cas par 100 000 habitants chaque année. C’est le 3e cancer le plus fréquent chez l’homme et le 2e chez la femme. Il est lié à une mortalité significative. Cependant, un diagnostic à un stade précoce aboutit à la survie dans plus de 90 % des cas. C’est nettement moins le cas dans les phases tardives. »

 

Quelles sont les évolutions en matière de traitements ?
 

E. L. : « Pour les stades précoces, les tests de dépistage classiques consistent à rechercher le sang occulte dans les selles. Des tests beaucoup plus performants pour d’autres marqueurs les supplanteront : soit l’ADN circulant au niveau sanguin de la tumeur ou des selles, soit des protéines spécifiques. Les colonoscopes décèlent des lésions qu’on ne recherchait même pas il y a 15 ans. On est également de plus en plus en mesure de réséquer des lésions par voie endoscopique, quand elles sont localisées. Pour les malades diagnostiqués plus tard, y compris lorsqu’ils ont des métastases, souvent au niveau hépatique, on se trouvait autrefois automatiquement dans une stratégie palliative, sans espoir de guérison. Aujourd’hui, il est possible de les guérir avec une combinaison de chimiothérapie, de biothérapie et, après régression des lésions, de chirurgie. »

 

Quel est l’intérêt du Télévie pour vos projets de recherche ?
 

E. L. : « Il est considérable. D’abord, le Télévie parvient à récolter chaque année des sommes très significatives qui permettent aux équipes des laboratoires de réaliser des projets importants. Ensuite, son impact permet de conscientiser considérablement la population et de changer son attitude par rapport aux problèmes du dépistage et aux symptômes d’alarme. »