Explications par Didier Vandersteichel, directeur général de la Fondation contre le Cancer.

Dans notre pays, chaque année, plus de 67 000 personnes sont atteintes par un cancer. Un homme sur 3 et une femme sur 4 y sont confrontés avant l’âge de 75 ans. Chaque jour, plus de 185 personnes doivent faire face à ce diagnostic particulièrement redouté. Heureusement, les chances de guérison augmentent régulièrement, mais avec de fortes différences d’un type de cancer à l’autre. Du côté de la qualité de vie des malades, les progrès sont également au rendez-vous, même si de sérieuses améliorations sont encore nécessaires. Grâce aux traitements, certaines tumeurs incurables se transforment en maladies chroniques. Par contre, d’autres cancers restent de redoutables tueurs à court terme.

Que nous réserve l’avenir ?

En raison du vieillissement de la population et des comportements à risque, la fréquence des cancers va continuer à augmenter. La prévention pourrait - à long terme - freiner, voire inverser cette tendance, mais dans l’intervalle, davantage de malades devront être pris en charge. Ils devront l’être par des équipes médicales multidisciplinaires de plus en plus spécialisées. En effet, l’émergence des traitements ciblés, de l’immunothérapie et de la biologie moléculaire fait basculer la cancérologie dans l’ère des traitements sur mesure, malade par malade. Sans oublier que l’on nous annonce le développement des traitements à domicile…

Avec des défis à la mesure des progrès déjà réalisés, des réponses devront être apportées à plusieurs questions fondamentales :

  • La recherche disposera-t-elle des moyens suffisants pour poursuivre ses travaux en toute indépendance ?
  • Notre système de santé sera-t-il capable de maintenir ou d’améliorer encore sa qualité ? Grâce à des soignants à la pointe du progrès ? En dépit d’une augmentation du nombre de malades ? Malgré l’explosion du coût de certaines infrastructures médicales ou des nouveaux traitements ?
  • La cancérologie de demain parviendra-t-elle à concilier multidisciplinarité, spécialisation, accessibilité et médecine à visage humain ?
  • Quel sera, à terme, l’impact de la prévention ?

Un but commun

Pour relever ces défis, tous les acteurs concernés, politiques, soignants, fondations et associations devront impérativement unir leurs efforts dans un but commun : permettre la meilleure prise en charge possible pour chaque personne malade.

Aussi bien sur le plan médical que psychologique ou social, sans oublier la réinsertion après la maladie.